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Gérer une période de tension de trésorerie : ce qu'il faut faire (et ne pas faire)

30 avr.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 oct.

Catégorie : Finances & trésorerie

Dernière mise à jour : octobre 2026

Une tension de trésorerie ne signifie pas forcément que l'entreprise va mal.

Un décalage entre les encaissements et les dépenses peut arriver pour de nombreuses raisons : un client qui paie plus tard, une hausse ponctuelle des charges, un investissement important, une période d'activité moins favorable…

Le problème commence lorsque le dirigeant attend que la situation devienne urgente avant d'agir.

Une tension de trésorerie doit donc être prise au sérieux, sans pour autant être traitée dans la panique.

Voici les premiers réflexes à adopter.


1. Faire le point sur sa trésorerie réelle

La première erreur serait de prendre une décision sans savoir précisément où vous en êtes.

Commencez par établir une vision simple :

Ce que l'entreprise possède aujourd'hui→ trésorerie disponible, encaissements attendus.

Ce qu'elle doit payer→ fournisseurs, salaires, charges, impôts, emprunts, autres échéances.

Puis regardez les prochaines semaines.

L'objectif n'est pas d'obtenir une prévision parfaite.

C'est de savoir :

À quel moment la trésorerie risque-t-elle de devenir insuffisante ?

Un prévisionnel de trésorerie permet justement de visualiser les entrées et sorties d'argent sur une période donnée et d'anticiper les éventuels besoins de financement.


À ne pas faire

Se contenter de regarder le solde bancaire du jour.

Un compte positif aujourd'hui ne signifie pas nécessairement que les prochaines échéances pourront être payées.


2. Identifier ce qui doit réellement être payé et quand

Lorsque la trésorerie se tend, le réflexe peut être de vouloir tout réduire immédiatement.

Avant cela, classez vos sorties d'argent.


Par exemple :

À payer immédiatement ou à très court terme

→ salaires→ échéances indispensables→ fournisseurs stratégiques→ charges arrivant à échéance.

À négocier ou à planifier

→ certains fournisseurs→ dépenses non urgentes→ investissements pouvant être décalés.


À éviter ou à suspendre temporairement

→ dépenses qui ne répondent pas à une priorité immédiate→ achats non indispensables→ engagements dont l'entreprise peut raisonnablement se passer.


L'objectif n'est pas de « ne plus rien dépenser ».

C'est de reprendre la maîtrise du calendrier des sorties d'argent.


3. Accélérer les encaissements

Lorsque la trésorerie est sous tension, l'argent déjà dû à l'entreprise devient particulièrement important.

Faites le point sur :

  • les factures arrivées à échéance ;

  • les factures bientôt exigibles ;

  • les clients qui paient régulièrement en retard ;

  • les éventuels litiges bloquant un paiement.

Puis agissez.

Une facture arrivée à échéance mérite d'être suivie.

Une relance peut permettre de comprendre rapidement pourquoi le paiement n'a pas été effectué : oubli, problème administratif, désaccord ou véritable difficulté financière du client.

Entre professionnels, les délais de paiement sont encadrés et les retards peuvent notamment donner lieu à des pénalités dans les conditions prévues par les textes.


À ne pas faire

Attendre plusieurs semaines avant de relancer parce que vous ne voulez pas « froisser » votre client.

Le suivi des encaissements fait partie du pilotage de l'entreprise.


4. Parler rapidement avec ses partenaires

Lorsqu'une échéance devient difficile à tenir, le silence est rarement une stratégie.

Si vous identifiez suffisamment tôt une difficulté, prenez contact avec les interlocuteurs concernés.

Selon la situation, cela peut permettre d'étudier :

  • un échelonnement ;

  • un nouveau calendrier de paiement ;

  • un report ;

  • une adaptation temporaire de certaines modalités.

Cela ne signifie évidemment pas que toutes les demandes seront acceptées.

Mais anticiper une difficulté permet généralement d'avoir davantage de possibilités que lorsqu'une échéance est déjà dépassée.


À ne pas faire

Attendre le dernier jour pour prévenir un fournisseur, un organisme ou un partenaire.


5. Ne pas financer une difficulté sans en comprendre la cause

C'est un point essentiel.

Lorsque la trésorerie manque, la première idée peut être :

« Il faut trouver de l'argent. »

Mais avant de chercher un financement, il faut comprendre pourquoi la trésorerie est sous tension.

Est-ce un simple décalage entre encaissements et décaissements ?

Une baisse de marge ?

Des prix insuffisants ?

Des impayés ?

Une hausse des charges ?

Un investissement trop important ?

Une activité qui n'est plus suffisamment rentable ?

Le financement peut parfois répondre à un besoin ponctuel.

Mais s'il sert à compenser durablement une activité déficitaire, il ne règle pas le problème de fond.

La bonne question

« Est-ce que j'ai besoin de financer un décalage temporaire ou de corriger le fonctionnement de mon entreprise ? »

La réponse n'est pas la même.


6. Ne pas attendre que la situation devienne critique

Une tension de trésorerie peut être temporaire.

Mais certains signaux doivent inciter à agir rapidement :

  • les retards de paiement se multiplient ;

  • les fournisseurs commencent eux-mêmes à relancer ;

  • les échéances deviennent difficiles à payer ;

  • la trésorerie diminue régulièrement ;

  • le dirigeant utilise ses ressources personnelles pour faire fonctionner l'entreprise ;

  • les charges augmentent alors que l'activité ou les marges diminuent.


À ce stade, il ne s'agit plus simplement de « faire attention aux dépenses ».

Il faut prendre du recul sur l'ensemble de la situation financière de l'entreprise.

En cas de difficultés importantes, il existe également des dispositifs de prévention et des procédures permettant aux entreprises de rechercher des solutions avant ou lorsqu'elles rencontrent des difficultés plus sérieuses. Le tribunal peut notamment être saisi dans certaines conditions pour mettre en œuvre des dispositifs de prévention.


Ce qu'il vaut mieux éviter

Quand la trésorerie se tend, certaines réactions peuvent aggraver la situation.

  • Faire l'autruche

Ne plus regarder les comptes parce que les chiffres sont inquiétants ne les fera pas disparaître.

  • Payer au hasard

Il faut connaître ses échéances et arbitrer avec une vision d'ensemble, plutôt que de payer uniquement celui qui relance le plus fort.

  • Arrêter toutes les dépenses

Certaines dépenses sont nécessaires au fonctionnement ou à la continuité de l'activité.

  • Financer automatiquement le déficit

Avant de chercher de nouvelles ressources, il faut comprendre l'origine du besoin.

  • Attendre d'être au pied du mur

Plus une difficulté est identifiée tôt, plus il est généralement possible d'étudier différentes options.


Le bon réflexe : reprendre de la visibilité

Une période de tension de trésorerie demande avant tout de la visibilité et des décisions.

Commencez par répondre à cinq questions :

Combien ai-je aujourd'hui ?
Combien dois-je payer dans les prochaines semaines ?
Combien dois-je encaisser ?
Quelles dépenses puis-je réellement décaler ou revoir ?
Quelle est la cause de la tension ?

Une fois ces réponses posées, les décisions deviennent beaucoup plus concrètes.


Une tension de trésorerie n'est pas toujours une crise

C'est probablement le point le plus important.

Une entreprise peut connaître une période de tension sans être structurellement en difficulté. Mais elle ne doit pas non plus attendre que la situation devienne critique pour commencer à agir.

Anticiper, c'est surtout accepter de regarder les chiffres suffisamment tôt pour avoir encore des choix.


Si vous avez besoin de prendre du recul sur votre situation, le Bilan stratégique GOVVA permet d'examiner les différents points de vigilance de l'entreprise et de dégager des priorités.

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À propos de cet article

Cet article est proposé à titre informatif. Il ne constitue pas une consultation juridique, comptable ou financière personnalisée. Les solutions à mettre en place dépendent de la situation de chaque entreprise. Lorsque la situation le nécessite, il est important de solliciter rapidement les professionnels compétents.

Léa Cieslak

GOVVA - L'Atelier Juridique

Stratégie, organisation et prévention des risques pour les dirigeants de TPE/PME.

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