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Seuil de rentabilité : comment le calculer et surtout, qu’en faire ?

1 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 sept.

« Je fais du chiffre d’affaires, mais est-ce que je gagne vraiment de l’argent ? »


C’est une question simple. Et pourtant, le chiffre d’affaires seul ne permet pas d’y répondre.

Une entreprise peut facturer 100 000 €, 200 000 € ou 500 000 €… et ne pas être rentable.


Le seuil de rentabilité permet justement de savoir à partir de quel niveau de chiffre d’affaires votre entreprise couvre l’ensemble de ses charges.


Mais le plus intéressant n’est pas seulement de le calculer.

C’est de savoir quoi en faire.


Le seuil de rentabilité, c’est quoi ?


Le seuil de rentabilité correspond au chiffre d’affaires minimum à réaliser pour couvrir les charges de l’entreprise.

En dessous : l’entreprise est en perte.

Au niveau du seuil : les charges sont couvertes.

Au-dessus : l’entreprise commence à dégager un bénéfice.


Pour le calculer, il faut distinguer deux grandes catégories de charges :

  • Les charges fixes : celles que vous devez supporter même si votre activité baisse.

Loyer, assurances, abonnements, certains salaires, honoraires…


  • Les charges variables : celles qui évoluent avec votre niveau d’activité.

Achats, matières premières, commissions, certains frais directement liés aux ventes…


Cette distinction permet ensuite de calculer votre marge sur coûts variables.


Comment le calculer ?


La formule est simple :

Seuil de rentabilité = charges fixes ÷ taux de marge sur coûts variables


Exemple :

Votre entreprise réalise 200 000 € de chiffre d’affaires.

Vous avez :

  • 80 000 € de charges variables ;

  • 60 000 € de charges fixes.

Votre marge sur coûts variables est donc de :

200 000 € – 80 000 € = 120 000 €

Soit un taux de marge sur coûts variables de :

120 000 ÷ 200 000 = 60 %

Votre seuil de rentabilité est alors :

60 000 ÷ 60 % = 100 000 €


Vous devez donc réaliser 100 000 € de chiffre d’affaires pour couvrir vos charges.

À partir du 100 001e euro, vous commencez théoriquement à créer du bénéfice.


Mais ce chiffre ne sert pas qu'à faire joli dans un tableau


C’est là que le seuil de rentabilité devient réellement intéressant pour le dirigeant.


1. Savoir combien vous devez vendre

Un seuil de 100 000 € est une information.

Mais 100 000 € par an, ça veut dire quoi dans votre quotidien ?

Environ :

8 333 € par mois.


Vous pouvez ensuite le traduire en nombre de prestations, de journées facturées, de produits vendus ou de contrats signés.

C’est beaucoup plus parlant pour piloter votre activité.


2. Fixer un objectif commercial réaliste

Votre objectif ne devrait pas être simplement :

« Je veux faire 150 000 € de CA cette année. »


Demandez-vous plutôt :

« Mon seuil est de 100 000 €. Est-ce que mon objectif de 150 000 € me laisse une marge suffisante ? »


Le seuil devient alors votre point de départ, pas votre objectif final.


3. Voir ce qui se passe si votre activité baisse

C'est particulièrement utile lorsque vous préparez votre budget.

Que se passe-t-il si votre chiffre d’affaires baisse de 10 % ?

Si vos charges augmentent ?

Si vous embauchez ?

Si vous prenez un nouveau local ?


Chaque décision qui augmente vos charges fixes peut faire monter votre seuil de rentabilité.

Avant de prendre une décision importante, il est intéressant de regarder son impact sur votre seuil.


4. Identifier votre marge de sécurité

Si votre seuil est de 100 000 € et que votre objectif de chiffre d’affaires est de 150 000 €, vous avez une différence de 50 000 €.


C’est votre marge de sécurité : l'écart entre votre niveau d'activité et votre seuil de rentabilité.


Plus votre activité est proche du seuil, plus une baisse de chiffre d'affaires peut rapidement vous faire passer dans le rouge.


Le seuil permet donc aussi de mesurer votre niveau de fragilité.


Et après ?

Le calcul du seuil de rentabilité ne doit pas rester dans votre business plan.

Faites-le vivre.


Une fois par trimestre, comparez :

Votre seuil prévu→ votre chiffre d’affaires réalisé→ votre chiffre d’affaires à venir.


Et surtout, demandez-vous :

  • Mon seuil a-t-il augmenté ?

  • Pourquoi ?

  • Mon activité est-elle suffisamment au-dessus ?

  • Que puis-je améliorer ?

  • Dois-je revoir mes prix, mes charges ou mon objectif commercial ?


C’est là que l’indicateur devient un véritable outil de pilotage.


Le réflexe GOVVA

Ne cherchez pas uniquement à faire plus de chiffre d’affaires.


Cherchez à comprendre à partir de quel niveau votre entreprise gagne réellement de l’argent et ce qui peut faire évoluer ce niveau.


Le seuil de rentabilité vous donne cette information.


À vous ensuite de vous en servir pour :

fixer vos objectifs, prendre vos décisions, anticiper les périodes plus faibles, et piloter votre croissance.

Parce que mesurer, ce n’est pas compliquer la gestion de son entreprise.

C’est savoir où l’on va.


Vous connaissez votre seuil. Et maintenant ?

Le calcul est une première étape. L'enjeu est ensuite de comprendre ce que vos indicateurs disent de votre activité et quelles décisions en tirer.


Léa Cieslak

GOVVA - L'Atelier Juridique

Stratégie, organisation et prévention des risques pour les dirigeants de TPE/PME.

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