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Sous-traitant non agréé : risques pour le MOE et recours possibles

Dernière mise à jour : 11 août

Le chantier avance bien. Trop bien, même. Votre sous-traitant a fini les travaux en avance… mais vous découvrez qu’il n’est pas agréé.

Le client vous appelle : "Votre sous-traitant n’a pas les certifications requises. Qui est responsable ?" Vous. En tant que maître d’œuvre (MOE), vous êtes solidairement responsable des défauts, des retards… et des sanctions qui en découlent.

Un sous-traitant non agréé, ce n’est pas juste un problème administratif. C’est une bombe à retardement juridique et financière.


Pourquoi l’agrément du sous-traitant est-il si crucial ?

En France, certains travaux doivent obligatoirement être réalisés par des entreprises agréées (ou qualifiées) pour des raisons de :

  • Sécurité (ex. : électricité, gaz, ascenseurs).

  • Qualité (ex. : isolation thermique, étanchéité).

  • Garantie décennale (ex. : gros œuvre, charpente).

Exemples de métiers concernés :

  • Électriciens (norme NF C 15-100).

  • Plombiers/chauffagistes (certification Qualigaz ou PG).

  • Entreprises de désamiantage (certificat SS3 ou SS4).

  • Charpentiers/couvreurs (attestation RGE pour les travaux d’isolation).

À savoir : Même si le sous-traitant a l’air compétent, sans agrément, vous prenez un risque énorme.


Les 4 risques majeurs pour le MOE

Responsabilité pénale

  • Sanctions : Jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 € d’amende (article L. 152-1 du Code de la construction).

  • Cas concernés :

    • Travaux dangereux (électricité, gaz) réalisés par un non-agréé.

    • Mise en danger d’autrui (ex. : incendie dû à une installation électrique non conforme).


Exemple : Un incendie causé par une installation électrique non conforme → le MOE peut être poursuivi pour homicide ou blessures involontaires.


Responsabilité civile (et financière)

  • Garantie décennale : Si un défaut apparaît (ex. : fuite, effondrement), vous êtes responsable devant le client, même si c’est le sous-traitant qui a mal travaillé.

  • Coût : Les réparations peuvent coûter des dizaines de milliers d’euros (ex. : réfection d’une toiture mal isolée).

  • Assurance : Votre RC Pro ou décennale peut refuser de couvrir les dommages si le sous-traitant n’était pas agréé.

À vérifier : Votre contrat d’assurance exclut-il les sous-traitants non agréés ? Oui, dans 90% des cas.


Nullité du contrat de sous-traitance

Si le sous-traitant n’a pas les qualifications légales, le contrat peut être annulé par un tribunal.

Conséquence :

  • Vous devez rembourser ce que vous lui avez versé.

  • Vous devez recommencer les travaux (à vos frais) avec un professionnel agréé.


Perte de crédibilité et exclusion des marchés publics

  • Réputation : Un chantier mal réalisé = un client mécontent qui en parle autour de lui.

  • Marchés publics : Si vous travaillez pour des collectivités, un sous-traitant non agréé peut vous faire exclure des appels d’offres pendant 3 ans.


Comment vérifier l’agrément d’un sous-traitant ?

Demandez ses certifications

À exiger : Une copie à jour (les agréments se périment !).


Vérifiez en ligne

  • Site officiel : France Rénov’ pour les artisans RGE.

  • URSSAF : Vérifiez que l’entreprise est bien immatriculée et à jour de ses cotisations.


Consultez votre assurance

  • Question à poser : "Si je fais appel à ce sous-traitant, suis-je couvert en cas de sinistre ?"

  • Si la réponse est non → Ne travaillez pas avec lui.


Que faire si vous avez déjà fait appel à un sous-traitant non agréé ?

Arrêtez immédiatement les travaux

  • Ne laissez pas le sous-traitant continuer : Chaque jour supplémentaire aggrave votre responsabilité.


Faites auditer les travaux déjà réalisés

  • Mission : Vérifier si les travaux sont conformes aux normes (même sans agrément).

  • Si tout est OK : Vous pouvez tenter de régulariser (ex. : faire certifier a posteriori).

  • Si non : Il faudra tout refaire (à vos frais).


Négociez avec le sous-traitant

  • Option 1 : Lui demander de se mettre en conformité (ex. : passer la certification RGE).

  • Option 2 : Lui faire signer une décharge de responsabilité (mais peu efficace en cas de sinistre).

  • Option 3 : Résilier le contrat et trouver un remplaçant agréé.

Attention : Même avec une décharge, vous restez responsable devant le client.


Informez votre client (si nécessaire)

  • Si le client ne sait pas : Vous pouvez tenter de régulariser discrètement.

  • Si le client est au courant : Soyez transparent et proposez une solution (ex. : refaire les travaux avec un pro agréé).


Les recours possibles en cas de litige

Action en responsabilité contre le sous-traitant

Base juridique : Article 1240 du Code civil (responsabilité délictuelle).

Objectif : Récupérer les frais de réparation et les dommages et intérêts.

Difficulté : Si le sous-traitant n’a pas d’assurance ou est en liquidation, vous risquez de ne rien récupérer.


Recours à votre assurance

Si votre contrat couvre les sous-traitants : Votre assurance peut prendre en charge les dommages.

Sinon : Vous devrez payer de votre poche.


Médiation ou transaction

  • Proposez un accord à l’amiable avec le client (ex. : prise en charge partielle des réparations).

  • Avantage : Évite un procès long et coûteux.


Comment éviter les problèmes à l’avenir ?

Exigez systématiquement les certifications avant de signer un contrat.

Vérifiez les agréments en ligne (ne vous fiez pas aux déclarations orales).

Intégrez une clause dans vos contrats :

"Le sous-traitant déclare être en possession de toutes les certifications légales pour réaliser les travaux. En cas de fausse déclaration, il sera seul responsable des conséquences."

Souscrivez une assurance adaptée (RC Pro + décennale) qui couvre les sous-traitants non agréés (rare, mais certains contrats le permettent).

Faites un audit régulier de vos sous-traitants (certifications, assurances, etc.).


Léa Cieslak — GOVVA - L'Atelier Juridique

Votre partenaire de direction pour sécuriser, structurer et développer votre entreprise. 

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