top of page

Passer de l'auto-entreprise à une société : quand et comment faire la transition

Dernière mise à jour : 11 août

Votre chiffre d’affaires explose. On vous dit : "Il est temps de passer en société."

Mais vous, vous vous demandez : "Est-ce que ça vaut vraiment le coup ?"


L’autoentreprise, c’était parfait pour démarrer : simplicité, cotisations allégées, pas de compta compliquée. Mais aujourd’hui, vous sentez que les limites se font sentir.

Trop de charges sociales, un plafond de CA qui vous bloque, des clients qui vous demandent des factures avec TVA…

Passer en société (SASU, EURL, SARL), c’est un cap important, mais aussi une opportunité : optimiser vos cotisations, protéger votre patrimoine, et donner plus de crédibilité à votre entreprise.


Quand faut-il passer en société ?

Voici les 5 signes qui ne trompent pas :

Votre chiffre d’affaires dépasse (ou va dépasser) le plafond de l’autoentreprise

  • Plafond 2026 :

    • Activités commerciales/artisanales : 188 700 € de CA annuel.

    • Activités libérales : 77 700 € de CA annuel.

Risque : Si vous dépassez ces seuils, vous perdez le statut d’autoentrepreneur et basculez automatiquement en régime réel (avec TVA, comptabilité complexe, etc.).


Vous voulez optimiser vos cotisations sociales

  • En autoentreprise : Vous payez ~22% de cotisations sur votre CA (tout bénéfice confondu).

  • En société (SASU/EURL) :

    • Vous pouvez vous verser un salaire (cotisations ~45-50%) ET des dividendes (flat tax à 30%).

    • Exemple : Si votre bénéfice est de 80 000 €, en SASU, vous pourriez économiser plusieurs milliers d’euros par an.

À savoir : Si votre bénéfice net dépasse ~40 000 €/an, la société devient souvent plus avantageuse.


Vos clients vous demandent la TVA ou des factures "pro"

Problème : Certains clients (surtout les grandes entreprises ou les collectivités) refusent de travailler avec des autoentrepreneurs (pas de TVA, pas de bilan comptable, etc.).


Solution : En société, vous pouvez facturer la TVA (et la récupérer sur vos achats) et fournir des documents comptables complets.


Vous voulez embaucher ou lever des fonds

  • Embaucher un salarié : Possible en autoentreprise, mais peu avantageux (cotisations élevées, pas de protection sociale optimale).

  • Lever des fonds : Impossible en autoentreprise. En SASU, vous pouvez faire entrer des investisseurs.


Quelle société choisir ? SASU, EURL ou SARL ?

Statut

Avantages

Inconvénients

Pour qui ?

SASU

Flexibilité (rémunération en salaire + dividendes), protection du patrimoine, crédibilité.

Comptabilité plus complexe, coûts de gestion (~1 500-2 500 €/an).

Artisans, consultants, freelances qui veulent optimiser leur rémunération.

EURL

Simplicité (1 seul associé), protection du patrimoine, régime fiscal avantageux (IR ou IS).

Cotisations sociales élevées si rémunération en salaire.

Petites entreprises avec un seul associé.

SARL

Protection du patrimoine, possibilité d’avoir plusieurs associés.

Comptabilité complexe, cotisations sociales élevées.

Entreprises avec plusieurs associés (ex. : 2 artisans qui s’associent).

Le plus courant pour les TPE du bâtiment : SASU (pour la flexibilité) ou EURL (pour la simplicité).


Comment faire la transition ? Les 5 étapes clés

Choisissez votre statut et vérifiez la faisabilité

  • Consultez un expert-comptable pour simuler les économies de cotisations et les coûts de gestion.

  • Vérifiez les aides : Certaines régions ou chambres de métiers proposent des subventions pour la création d’entreprise.


Créez votre société

  • En ligne : Via guichet-entreprises.fr (gratuit).

  • Dossier à préparer :

    • Statuts de la société (modèle type disponible en ligne).

    • Justificatif de domicile.

    • Pièce d’identité.

    • Déclaration de non-condamnation.

  • Coût : ~200 € (frais de greffe + publication au Journal Officiel).

Astuce : Optez pour une domiciliation d’entreprise (ex. : chez un expert-comptable) si vous n’avez pas de local professionnel.


Transférez votre activité

  • Clôturez votre autoentreprise : Déclaration en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr.

  • Transférez vos contrats : Prévenez vos clients et fournisseurs du changement de statut (nouveau RIB, nouvelle raison sociale).

  • Récupérez votre numéro de TVA (si applicable) via l’administration fiscale.

À éviter : Oublier de clôturer l’autoentreprise → Vous risquez de payer 2 fois les cotisations (autoentreprise + société).


Mettez en place la comptabilité et la paie

Obligations :

  • Tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat).

  • Déclarer la TVA (si applicable) tous les mois/trimestres.

  • Payer les cotisations sociales sur votre salaire (si vous vous rémunérez).

Solutions :

  • Expert-comptable (~1 500-3 000 €/an).

  • Logiciels (QuickBooks, Pennylane, etc.) pour gérer vous-même.


Optimisez votre rémunération

  • En SASU/EURL : Mix salaire + dividendes pour réduire les cotisations.

    • Exemple : 30 000 € de salaire (cotisations ~45%) + 20 000 € de dividendes (flat tax 30%).

  • En EURL à l’IR : Les bénéfices sont imposés directement sur votre IR (attention aux tranches marginales élevées).


Les pièges à éviter

  1. Sous-estimer les coûts : Comptez ~2 000 €/an de plus qu’en autoentreprise (comptable, frais de gestion, etc.).

  2. Choisir le mauvais statut : Une SARL pour un seul associé ? Trop complexe. Une EURL à l’IS avec peu de bénéfices ? Pas optimal.

  3. Oublier de déclarer la TVA : Si vous dépassez le seuil de 36 800 € de CA (prestations) ou 94 300 € (ventes), vous devez facturer la TVA.


Parce que passer en société, c’est comme passer de la meuleuse au marteau-piqueur : ça demande un peu plus d’effort, mais ça vous permet de soulever des montagnes.


Léa Cieslak — GOVVA - L'Atelier Juridique

Votre partenaire de direction pour sécuriser, structurer et développer votre entreprise. 

Accompagnement juridique, stratégique et organisationnel des entrepreneurs et dirigeants du BTP.

Commentaires


bottom of page